Résumé de l'épisode
11 mai 1986. Près d’un siècle après la course au pôle de Cook et Peary, l’explorateur français Jean-Louis Étienne parvient au pôle Nord, seul avec ses chiens de traîneau, après soixante-trois jours épuisants de crapahutage... Il vient de traverser un interminable chaos de glace, dépassant tout ce qu’il avait pu imaginer : « C’est un labyrinthe hérissé de blocs cisaillés, écrit-il, brusquement dressés les uns contre les autres dans un désordre infernal. » Ce qu’il y a de fascinant, chez les grands randonneurs explorateurs, c’est leur aptitude à traduire dans les mots l’infini de certaines sensations de voyage : « J’ai l’impression d’évoluer au sein d’un cimetière antédiluvien », raconte-t-il. « J’ai pénétré enfin dans le cercle enchanté, au cœur de la citadelle cristalline (...) avec la sensation extraordinaire de me faufiler subrepticement dans un univers de conte de fées. » Lorsqu’il touche les 89° 993’ de latitude nord, l’explorateur est si ému qu’il en pleure. Nous aussi. CRÉDITS Un podcast interprété par…
11 mai 1986. Près d’un siècle après la course au pôle de Cook et Peary, l’explorateur français Jean-Louis Étienne parvient au pôle Nord, seul avec ses chiens de traîneau, après soixante-trois jours épuisants de crapahutage... Il vient de traverser un interminable chaos de glace, dépassant tout ce qu’il avait pu imaginer : « C’est un labyrinthe hérissé de blocs cisaillés, écrit-il, brusquement dressés les uns contre les autres dans un désordre infernal. » Ce qu’il y a de fascinant, chez les grands randonneurs explorateurs, c’est leur aptitude à traduire dans les mots l’infini de certaines sensations de voyage : « J’ai l’impression d’évoluer au sein d’un cimetière antédiluvien », raconte-t-il. « J’ai pénétré enfin dans le cercle enchanté, au cœur de la citadelle cristalline (...) avec la sensation extraordinaire de me faufiler subrepticement dans un univers de conte de fées. » Lorsqu’il touche les 89° 993’ de latitude nord, l’explorateur est si ému qu’il en pleure. Nous aussi. CRÉDITS Un podcast interprété par…
Épisodes
Jean-Louis Étienne, l'explorateur de la banquise
Écouté11 mai 1986. Près d’un siècle après la course au pôle de Cook et Peary, l’explorateur français Jean-Louis Étienne parvient au pôle Nord, seul avec ses chiens de traîneau, après soixante-trois jours épuisants de crapahutage... Il vient de traverser un interminable chaos de glace, dépassant tout ce qu’il avait pu imaginer : « C’est un labyrinthe hérissé de blocs cisaillés, écrit-il, brusquement dressés les uns contre les autres dans un désordre infernal. » Ce qu’il y a de fascinant, chez les grands randonneurs explorateurs, c’est leur aptitude à traduire dans les mots l’infini de certaines sensations de voyage : « J’ai l’impression d’évoluer au sein d’un cimetière antédiluvien », raconte-t-il. « J’ai pénétré enfin dans le cercle enchanté, au cœur de la citadelle cristalline (...) avec la sensation extraordinaire de me faufiler subrepticement dans un univers de conte de fées. » Lorsqu’il touche les 89° 993’ de latitude nord, l’explorateur est si ému qu’il en pleure. Nous aussi. CRÉDITS Un podcast interprété par…
Claude-François Denecourt, le bon génie de Fontainebleau
ÉcoutéHugo, Lamartine, Musset, Baudelaire, George Sand... En 1855, ces grands auteurs, parmi une trentaine d’autres, rendent hommage à Claude-François Denecourt, dans un ouvrage remis en main propre à l’intéressé lors d’un banquet à Paris. Son titre de gloire ? Avoir mis à la mode la forêt de Fontainebleau – bientôt terrain de jeu des peintres de l’École de Barbizon – mais, plus encore, avoir inventorié ses essences, fixé ses sentiers de randonnée, bâti partout des marches en pavés de grès... Denecourt a écrit un guide célèbre, sans cesse réédité, qui accompagne le promeneur dans sa découverte. Théophile Gautier n’ira-t-il pas jusqu’à le comparer à Sylvain, la divinité des bois ? « Son paletot est couleur bois, dit-il, son pantalon noisette, ses mains, hâlées par l’air, font saillir des muscles semblables à des nervures de chêne ; ses cheveux mêlés ressemblent à des broussailles ; (...) ses pieds mordent le sol comme des racines." CRÉDITS Un podcast interprété par Franck Ferrand. Auteur : Christophe Dard.…
Jacques Lanzmann, le randonneur de l’extrême
ÉcoutéParmi les marches effectuées par le journaliste Jacques Lanzmann, celle de 1983, à travers la partie désertique d’Israël, aura peut-être été la plus rude : l’aridité est cruelle dans le Néguev. À l’époque, Tsahal effectue des essais militaires dans le Sinaï, et le moins que l’on puisse dire est que cela ne facilite pas la vie de notre randonneur de l’extrême : « Avions et chars lancent leur mitraille, écrira Lanzmann pour Paris Match. Ça pète de partout. Des pans de montagne s’écroulent. On sursaute en marchant. On sursaute en dormant. Des fusées éclairantes descendent du ciel, suspendues à leur petit parachute. » Au bout de ce parcours du combattant, apparaîtra pourtant la cime chère à Moïse : « Oh, mont magique, sommet divin ! Nous voici enfin venus à toi. Les yeux aimantés sur l’horizon chromo, où les roses et les bleus vaporeux dansent une sorte de folle sarabande, nous contemplons le chemin parcouru. » D’autant plus beau qu’il fut difficile. CRÉDITS Un podcast interprété par Franck Ferrand. Auteur :…
Ella Maillart, l’exploratrice du Caucase
ÉcoutéEn 1930, il est rare qu’une femme soit grand reporter ; plus rare encore qu’elle se rende au cœur de l’URSS stalinienne, à la découverte de la Russie profonde ! Voilà pourtant le genre d’exploit auquel se livre Ella Maillart, une jeune Suisse, championne olympique de voile en solitaire – en attendant de briller dans des épreuves de ski alpin... Rien n’arrête Ella. Nous l’avons suivie dans le nord du Caucase, affrontant les éléments, telle « une femme bottée de mouton, le teint cuit par l’altitude ou le vent du désert, qui explore des régions inaccessibles » – la pochade est de Paul Morand. Un jour qu’elle a été mordue au mollet par un chien, son guide, la voyant diminuée, l’interroge du regard : « Jeune étrangère, que veux-tu faire ? (...) » Continuer ? Abandonner ? « Quoi que tu fasses, toi seule décides et en supportes les conséquences. » Ella Maillart décide de continuer, et nous entraîne dans sa folle aventure. CRÉDITS Un podcast interprété par Franck Ferrand. Auteur : Christophe Dard. Direction…
Théodore Monod, le pèlerin des sables
Écouté« Une certaine nostalgie s’attache aux choses qui disparaissent, écrivait Théodore Monod, quand on les a aimées. » C’est peu de dire de ce naturaliste, professeur au Museum national d’histoire naturelle disparu en l’an 2000, qu’il aura aimé le désert. Parmi toutes ses pérégrinations, nous avons retenu celle de 1934-1935 à travers le Sahara occidental, au nord de la Mauritanie. Et recueilli dans ses carnets, ou dans son livre, Méharées, les notations pleines de justesses qui restituent sous sa plume les souffrances d’un marcheur, l’éblouissement d’un scientifique et d’un poète. Dans un autre ouvrage, L’émeraude des Garamantes, il écrit : « L’entrée en religion implique la soumission à une règle. L’entrée “en” Sahara place également le postulant devant un certain nombre d’exigences, éléments d’un genre de vie spécifique et dont tout vieux profès reconnaîtra les bienfaits. » Des bienfaits que le pèlerin des sables ne garde pas pour lui ; lui, se veut prodigue des leçons qu’il a reçues. CRÉDITS Un podcast…